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(W)here was time
Un projet de La Musée
Communiqué
Cette exposition est une carte blanche donnée à La Musée dont le commissariat est assuré par Azad Asifovich & Stefano Vendramin, avec la collaboratrice scientifique Oona Doyle.
L’exposition est composée de sculptures, d’objets et d’images imprimées, qui explorent tous la question de l’air, des particules et de l’atmosphère. À travers des matérialités éphémères et des espaces mouvants, les œuvres de Josefina Nelimarkka, subtiles et poétiques, révèlent le caractère fugitif du temps ainsi que la sensibilité de l’environnement, créant de nouvelles manières de ressentir, de percevoir et d’être présent.
Texte curatorial d'Azad Asifovich
(W)here was time emprunte directement son titre à une œuvre de Josefina Nelimarkka. Écrite sur le mur comme une intervention in situ, cette phrase agit à la fois comme une perturbation du langage et comme une manière de poétiser l’espace. Le déplacement d’une seule lettre fait glisser le temps vers le climat, la géographie vers la condition atmosphérique, le lieu vers un état mouvant. Chez Nelimarkka, le langage fonctionne souvent comme une matière instable, capable de produire plusieurs réalités simultanément.
L’exposition réunit un corpus de sculptures en verre, d’images et une intervention in situ où la présence se construit à partir de presque rien : une bulle d’air, une tension de surface, une condensation lumineuse. L’air y devient matière sculpturale. Cette attention portée au souffle et aux phénomènes invisibles traverse l’ensemble de la pratique de Nelimarkka, notamment ses recherches autour des nuages, des aérosols et des transformations climatiques.
Le verre occupe une place centrale dans son travail. Il ne s’agit pas d’un usage décoratif du matériau, mais d’une réflexion sur les conditions mêmes de la sculpture. Traditionnellement associée à la masse, au poids et à l’opacité, la sculpture devient ici presque atmosphérique. Les œuvres paraissent légères, parfois proches d’une apparition ou d’une trace physiologique, tout en conservant la densité physique propre au verre. Cette contradiction traverse toute l’exposition.
Chez Nelimarkka, le transparent n’efface pas la présence ; il la rend incertaine. Les sculptures apparaissent puis disparaissent selon les variations de lumière, les reflets et les déplacements du regard. Elles demandent une forme d’attention lente. Le visible n’y est jamais stable.
Cette approche rejoint certaines formes d’observation propres au XIXe siècle, lorsque les frontières entre recherche scientifique, phénomènes naturels et expérimentation artistique demeuraient poreuses. Les œuvres de Nelimarkka évoquent parfois des instruments de mesure, des dispositifs d’observation ou des tentatives de capturer l’invisible. Mais ici, la science ne sert pas à expliquer le monde. Elle participe d’une même sensibilité à ce qui circule, se transforme ou échappe.
Le souffle, la condensation, la vapeur ou les états transitoires de la matière deviennent ainsi des éléments sculpturaux à part entière. Les œuvres ne cherchent pas à imposer une forme définitive. Elles produisent plutôt une condition : quelque chose entre apparition et disparition, entre temps et climat, entre présence et air
